Badgley Mischka : récapitulons, c'est du prefall, c'est BM, c'est red carpetien. C'est peut-être moi qui demande trop en m'attendant de la fantaisie... Parce que quand même, quelles robes somptueuses ! Le tailleur est d'une élégance féline, le manteau donne envie de s'y emmitoufler à l'instant, le test de la robe rouge est intéressant. L'éclat retombe dans les bruns et prunes, mais ça reste plus qu'acceptable.
J'ai déjà parlé de Burberry sur R-V, en gros: boring. Dommage.
Après son superbe défilé printanier, Costa choisit pour Calvin Klein un parti un peu plus démocratique, mais poursuit sur sa route de pureté en tons essentiels. Sa tentative de faire du ' portable ' brise un peu le charme de ses volumes, mais il surgissent tout de même ça et là. Même les formes étroites marchent, le blanc d'escrimeur-skieur étonne dans ses textures comme en papier. Le manteau est essentiel et parfait, et les demi-teintes de la fin ne gâchent pas une certaine harmonie.
Carolina Herrera reste fidèle à ses imprimés joyeux, même en prefall, et le bleu commence une collection qui pourtant trouve sa cohérence dans les gris. Joli manteau, et superbe silhouette finale ( littéralement, j'en raffole ) qui rachète un show assez prévisible.
:) Chanel, vous le retrouvez sur R-V, c'est tout de même une injection de fantaisie et de dynamisme... disco tsarine, on approuve.
Donna Karan signe une garde robe apparemment rigoureuse qui sait trouver un étonnant équilibre architectural, des touches humoristiques, et des drapés doux. Elle reprend la robe de chambre robe de soir et surtout un beau bordeaux tendant au rouge noir, couleurs principales d'un show qui se teinte de bleu-gris par moments. Reprise évidente et tenues inégales, du médiocre au parfait, on termine avec des robes de déesses. Mix feeling.
La première de Doo Ri en prefall offre quelques inspirations, surtout ce pantalon rufflisant porté avec du doux bleu... Palette du bleu-glace au gris, pas mal, dommage d'en voir que 11 looks.
:) Le designer la définit: "What's the mac and cheese version of a dress?". La collection d'Isaac Mizrahi est effectivement automnale, chaleureuse, un homewear qui émerveille dans un magnifique parme, puis vient le top en fourrure,le pyjama sur talons immenses, le tailleur revisité à merveille, la robe longue, l'animalier, la touche mélo... Éclectique et amusant, Mizrahi rate bien peu de choses. Bien mieux que du McDo !
J.Mendel propose une silhouette élégante, parfois minimaliste... un peu ennuyeux mais du day to night parfait. Jolis drapés.
Le parme revient et ouvre Narciso Rodriguez, qui propose rondeurs et tons-sur-tons. Un rose bébé pour plaire à tout public... prémaman, anyone ?
:) Un setting lucide, des habits de warrior, 54 looks... la réponse de de la Renta à la crise est claire. Comment ne pas craquer pour l'audace d'un verni qui répond au classique knit & tweed, lui-même repris avec du cuir... Ça me plaît pas toujours, mais le dynamisme est appréciable particulièrement chez de la Renta qui sait moderniser ses classiques. D'ailleurs un tel manteau blanc est simplement parfait, les chaussures époustouflantes, la robe de soirée asymétrique toujours réussie, et... un look qui émerge des 8o' avec amour. Repassez-vous Gloria de Cassavetes, et alternez le classique d'une working-girl à l'exubérance de soieries et cuir. Au final on en trouve vraiment pour tous les goûts, de la tenue nuit des Oscars ( ok, le jeu de mots est terrible ) à l'envie d'étonner. Ovni du prefall, décidément.
:) Le prefall de Rachel Roy va à l'essentiel: la new-yorkaise d.o.c. s'amuse avec nonchalance... Le menswear habille, la rigueur devient féminine, le jumpsuit noir devient glamour: Roy inverse les principes et le résultat est souvent très juste. On croirait voir du streetchanel, mais le style n'est pas toujours si casual... et tant mieux. Certaines pièces sont à craquer... Je me convertis encore plus à Ste Combi, adopte le blazer tweedé, et même les éclats de orange, couleur qu'en général je boycotte. Transparences et classiques, c'est jusqu'à maintenant la ( très ) bonne surprise de cette série de défilés.
Etait-ce possible de voir du beau chez Cavalli ? Franchement, non. Et si le premier look - très H&Misant ceci dit - semblait vaguement promettre une amélioration, on précipite en cliquant plus loin. Bleah.
Vera Wang semble continuer l'élan conceptuel-isant, mais quand elle se laisse un peu aller ça donne des superpositions parfaites, qui trouvent un équilibre assez tôt. Un autre show très inégal, mais il sait s'enflammer, littéralement avec le moutarde, puis avec un rouge profond.
:) Zac, Zac, Zac. C'est connu, je l'adore, même si je n'aime pas forcément toujours ses habits... Contradiction ? Mais non. Cette fois c'est assez génial de replonger dans l'univers qui suit Cabaret, déluge de boucles et tons forties. La crise nous attend ? Eh bien, c'est une nouvelle Veronica Lake qui ressurgira. Encore du moutarde, des plis j'arrange-la-veste-de-mon-lui, encore le glamour de couleurs ravageantes. Sortie d'un noir, l'héroïne Zac Posienne se transforme de secrétaire placide en reine de la nuit. Quelques anachronismes tout à fait bien vus brisent la monotonie d'une référence trop évidente. Du jour à la nuit... à propos, ça vous rappelle pas une héroïne de Clue ? Si si. Glamour décalé pour un résultat superbement ironique. Coup de c½ur pour le public ennuyé sur le fond. C'est le cas de le dire: L O L !